lundi 27 février 2017

une cicatrice communale parmi d'autres: HAIES VIVES/ HAIES MORTES



HAIES VIVES/ HAIES MORTES...
On pouvait penser que les mentalités avaient évolué... Les connaissances acquises sur les équilibres écologiques, sur la pérennité des agro-systèmes, sur l'importance à préserver la bio-diversité semblaient le garant d'une autre attitude des acteurs publics.
La législation, les directives semblent aller en ce sens...
Et pourtant...
La Direction des Routes du Département du Cantal vient de nous montrer le contraire.
Sur plusieurs centaines de mètres, sur la commune d'Omps, de vieilles haies où se mélangeaient dans un équilibre prouvé par le temps et l'usage, ronces, arbustes, souches, pierres et rochers ont été détruites à coups d'engins en quelques jours pour être remplacées par une clôture traditionnelle avec piquets et barbelés agricoles.



Longeant la route départementale, ces vieilles haies avaient l'inconvénient de poser problème aux épareuses (ces fameux engins utilisés pour "nettoyer" le bord des routes) du Département !...
On mesure à quel point nous sommes tombés dans l'absurde.
S'équiper d'engins pour faciliter un travail qui devient de plus en plus agressif et non respectueux de l'environnement et de l'esthétique pour ensuite invoquer le problème posé par les pierres et les souches à ces mêmes engins avec comme résultat final de détruire des niches écologiques dont la richesse n'est plus à prouver, montre bien le monde où nous en sommes.
Il apparait d'ailleurs dans ce cas que de tels agissements sont en contradiction avec la loi protégeant les haies vives.
Sans parler de la perspective paysagère enrichie par ces barrières ancestrales.
Le département du Cantal est-il, là encore, à part?

mardi 24 janvier 2017

Les choses se répètent, en politique comme ailleurs


Les choses se répètent, en politique comme ailleurs.

Les critiques violentes sur le déficit démocratique, l'arrogance des élites, la crise de régime, le fossé qui se creuse entre le quotidien des français et "l'establishment", etc... s'estompent dès que les élections approchent comme si, par un effet miracle, la nouvelle élection allait tout résoudre.

Il faut dire que les médias dominants, partie prenante pour que surtout rien ne change, s'y emploient tous les jours. On nous sert à profusion des débats, les parcours "intimes" des candidats, des témoignages, des petites histoires... S'y rajoutent des reportages au cœur des appareils, pour mieux "comprendre" les "différences" entre les uns et les autres...

La personnalisation en politique est devenue la règle, au-delà des projets qui n'en sont plus et des programmes dont on sait qu'ils ne tiendront pas à l'épreuve du temps.

Le sommet est atteint avec les "primaires" dont l'objectif principal est de redonner vie à des partis à bout de souffle. Les "casting" proposés, avec la caisse de résonance des médias et grâce à la multiplication des "débats" occupent l'espace pendant des semaines, des mois même, alors que le fond est affligeant.

On essaye de ranimer la flamme souvent éteinte de l'intérêt des gens à ce qui ressemble de plus en plus à une mise en scène. Les candidats battus d'avance sont là pour espérer plus tard quelque strapontin ministériel et les favoris oscillent entre retenue et attaque voilée, tant ils savent qu'ils auront besoin dans un second temps de l'appui de l'adversaire du jour.

Cette organisation pensée et voulue pour tenter de préserver un système sans avenir nous interpelle tous et pose plusieurs questions, dont une majeure.



Peut-on espérer encore quelque chose du mode de désignation actuel sans changer les règles du jeu ?

Les réponses varient évidemment selon la perception que l'on se fait de la crise de régime actuelle et des forces qui régissent le système.
Essayons de voir quelle est notre réalité. La logique du profit a transformé la planète en un vaste système marchand. L'humain et la nature devant se plier à cette logique infernale, les dégâts sont considérables. Toutes les initiatives alternatives sont combattues, récupérées ou tolérées à la marge.
La sobriété heureuse, sortir du consumérisme, conjuguer la décroissance au quotidien, au-delà des belles actions menées, supposent des changements de paradigme. Il faudra du temps et de la volonté.
L'histoire nous montre que les ruptures politiques sont le fait de la rue et des mouvements sociaux qui "portent" certains hommes politiques vers des regards différents.
Mais aussi, nous devons retenir que, souvent, les mouvements de rupture se sont réalisés dans la violence car les intérêts en jeu sont tels qu'il ne peut en être autrement.
Récemment en Grèce un parti a porté beaucoup d'espérance pour finir étranglé par les logiques financières. C'est une histoire qu'il ne faut pas oublier.
Aujourd'hui, certains candidats se réclament de la rupture et apparaissent, du coup, comme porteurs d'un changement possible. Beaucoup y croient. Comme si "l'homme providentiel" pouvait être une réponse.
Certains s'en servent d'ailleurs et les démarches "bonapartistes" sont le pendant des pseudo-concertations des "primaires"
L'objectif de cette mise en scène est bien de légitimer un système en perdition, en jugulant l'abstention afin d'évoquer une représentativité non contestable. Là est le piège.
La finance bridera toute initiative et seule une volonté populaire organisée à travers une Constituante permettra à la démocratie de s'exercer pleinement et d'avoir les armes pour combattre.
Récemment des observateurs expliquaient que la démocratie ne peut exister qu'à travers la désignation des élites. Ils niaient le fait que le peuple puisse exercer sa souveraineté.
Toute la question est dans  l'acceptation ou dans le rejet de cette assertion.
Le mode actuel de désignation, le régime présidentiel, la réforme Jospin qui situe l'élection législative comme une chambre d'enregistrement du scrutin présidentiel, l'absence de proportionnelle, ne permettent pas à la démocratie de s'exprimer.
Du coup, doit-on participer à ce type de scrutin dont les résultats finissent toujours pas décevoir ou doit-on montrer par une abstention massive le rejet d'une représentation absurde et sans marge de manœuvre?
L'école qui consiste à faire évoluer le système de l'intérieur a ses adeptes et ne manque pas d'arguments.
A chacun de se déterminer en conscience.    le 21 janvier 2017

René Burle, président d'AVEC

   ?

mardi 8 novembre 2016

Café citoyen n°10 avec La Semaine de la Solidarité Internationale CANTAL


Depuis toujours, notre pays s'est enrichi de populations différentes et variées.
Pourtant, aujourd'hui, la place de "l'étranger" n'est pas toujours bien acceptée dans notre corps collectif qu'est devenue la nation française.
L'histoire en référence, d'écriture différente selon ses auteurs, nous essaierons de comprendre la place prépondérante qu'est encore cet apport: espagnols, portugais, italiens, russes, polonais, arméniens, maghrébins, asiatiques, noirs africains et tant d'autres...
La proportion d'immigrés en France est l'une des plus faibles en Europe (200000/an) et cependant, le sujet reste brûlant, qu'il concerne la protection sociale ou les échéances électorales.
A nous d'en débattre avec nos expériences, nos connaissances et en posant aussi les principes de base: quelle est notre identité, quel regard portons-nous sur l'autre, quelle société possible pour plus de fraternité?
Invitation donc à vous emparer de ces questions . Entrée libre
avec le collectif Cantal de la SSI Cantal




jeudi 22 septembre 2016





"Aux origines climatiques 
des conflits... et des migrations" 



Résumé:
Le changement climatique ne crée pas seulement de motifs supplémentaires de conflits violents, mais aussi de nouvelles formes de guerres. Il est devenu un multiplicateur de menaces et modifie le cours traditionnel des relations internationales. L'afflux de réfugiés aux portes de l'îlot de prospérité qu'est l'Europe pourrait se poursuivre et s'accentuer au cours du XXIème siècle. Ces migrants fuient des guerres qui se déroulent loin de l'occident, pourtant responsable historique du réchauffement global et qui rechigne à leur reconnaître un statut.

Agnès Sinaï est journaliste environnemental à Actu-environnement et collabore au Monde Diplomatique depuis une vingtaine d'années...Elle est co-auteure de divers essais parmi lesquels le Petit traité de la résilience locale (Charles Léopold Mayer, 2015), Economie de l'après croissancePolitiques de l'Anthropocène II (Presses de  Sciences Po 2015), ouvrages de l'Institut Momentum sur l'Anthropocène et ses issues, laboratoire d'idées dont elle est la fondatrice en 2011. Elle enseigne ces thématiques à Sciences Po (Paris) dans le cadre du Master Sciences et Politiques de l'Environnement.





"Aux origines climatiques 
des conflits... et des migrations" 



Résumé:
Le changement climatique ne crée pas seulement de motifs supplémentaires de conflits violents, mais aussi de nouvelles formes de guerres. Il est devenu un multiplicateur de menaces et modifie le cours traditionnel des relations internationales. L'afflux de réfugiés aux portes de l'îlot de prospérité qu'est l'Europe pourrait se poursuivre et s'accentuer au cours du XXIème siècle. Ces migrants fuient des guerres qui se déroulent loin de l'occident, pourtant responsable historique du réchauffement global et qui rechigne à leur reconnaître un statut.

Agnès Sinaï est journaliste environnemental à Actu-environnement et collabore au Monde Diplomatique depuis une vingtaine d'années...Elle est co-auteure de divers essais parmi lesquels le Petit traité de la résilience locale (Charles Léopold Mayer, 2015), Economie de l'après croissancePolitiques de l'Anthropocène II (Presses de  Sciences Po 2015), ouvrages de l'Institut Momentum sur l'Anthropocène et ses issues, laboratoire d'idées dont elle est la fondatrice en 2011. Elle enseigne ces thématiques à Sciences Po (Paris) dans le cadre du Master Sciences et Politiques de l'Environnement.

FÊTE de l'ENERGIE: Conférence Agnès Sinaï du Monde Diplomatique





"Aux origines climatiques 
des conflits... et des migrations" 



Résumé:
Le changement climatique ne crée pas seulement de motifs supplémentaires de conflits violents, mais aussi de nouvelles formes de guerres. Il est devenu un multiplicateur de menaces et modifie le cours traditionnel des relations internationales. L'afflux de réfugiés aux portes de l'îlot de prospérité qu'est l'Europe pourrait se poursuivre et s'accentuer au cours du XXIème siècle. Ces migrants fuient des guerres qui se déroulent loin de l'occident, pourtant responsable historique du réchauffement global et qui rechigne à leur reconnaître un statut.

Agnès Sinaï est journaliste environnemental à Actu-environnement et collabore au Monde Diplomatique depuis une vingtaine d'années...Elle est co-auteure de divers essais parmi lesquels le Petit traité de la résilience locale (Charles Léopold Mayer, 2015), Economie de l'après croissancePolitiques de l'Anthropocène II (Presses de  Sciences Po 2015), ouvrages de l'Institut Momentum sur l'Anthropocène et ses issues, laboratoire d'idées dont elle est la fondatrice en 2011. Elle enseigne ces thématiques à Sciences Po (Paris) dans le cadre du Master Sciences et Politiques de l'Environnement.

jeudi 2 juin 2016

La Révolution de la proximité: Café citoyen AVEC: jeudi 16 juin




 
Devant les crises diverses qui se succèdent au sein de nos sociétés
et face au mal-être engendré par notre mode de vie, 
des milliers d'initiatives locales voient le jour.

Animé par un auteur auvergnat. 
Où il est aussi question de préservation de la  ruralité et de développement durable

www.bernardfarinelli.com/la-revolution-de-la-proximite-voyage-au-pays-de-lutopie-locale/






mercredi 23 mars 2016

Présidentielle NON - Constituante OUI

[grouperepublique] Présidentielle NON - Constituante OUI

Nous relayons l'info d'André Bellon, publiée le 13 mars:

L’élection présidentielle va mobiliser, une fois de plus, avec plus ou moins de bonheur. Or, cette élection est de plus en plus un instrument contre la démocratie. Il est grand temps de sortir de ce piège. La présidentielle n’est pas la solution, elle est le problème.
Le texte ci-dessous propose une solution en posant un principe pour la reconstruction de la démocratie, de la souveraineté populaire. Il est signé par 55 citoyens originaires de nombreux départements français et dont la liste est ci-dessous. Il peut être soutenu ou commenté par l’adresse suivante : Retour ligne automatique
presidentiellenonconstituanteoui@yahoo.fr
Voter, pour quoi ?
Retour ligne manuel
Est-il vraiment raisonnable de consacrer autant d’énergie et d’attention au spectacle de la compétition présidentielle ? Est-ce vraiment cela la démocratie à laquelle nous tenons passionnément ? Au mieux, nous avons, au terme d’une farce médiatique, la possibilité de refuser un des candidats en lice. Une fois élu, celui-ci dispose de pouvoirs exorbitants, notamment le privilège de pouvoir oublier ses promesses ou même de bafouer la volonté populaire exprimée par référendum comme ce fut le cas après 2005.
Après des décennies de violences sociales et de mépris politique, nous citoyennes et citoyens de France, estimons qu’il n’y a pas de solutions à la crise qui frappe la démocratie dans le cadre du système qui régit notre vie publique.
Alors que se profile l’élection de 2017, nombreux sont les appels et initiatives qui veulent utiliser la présidentielle pour rebâtir la démocratie. Ces tentatives, malgré la sincérité de ceux qui les portent, ne peuvent sortir du piège infernal tissé par le système tant national qu’européen. On ne transforme pas un jeu en un autre et on ne peut lier notre combat au résultat, à cette élection, d’une personne, quelles que soient ses qualités. La présidentielle n’est pas la solution, elle est le problème.
Le véritable enjeu est la reconstitution du peuple, souverainement dépositaire du pouvoir en démocratie. Ce pouvoir, par essence collectif, n’attend personne en particulier et n’appartient qu’aux citoyens assemblés.
Refonder la démocratie impose donc, sans tarder, l’élection d’une assemblée constituante en France. Souveraine sous le contrôle de tous les citoyens, elle sera maîtresse de la redéfinition de notre vie publique. Sur le plan local, dans les assemblées communales, les citoyens se rassembleront pour décider ensemble de leur représentation et du mandat qu’ils souhaitent donner à la Constituante.
Citoyennes et citoyens de ce pays, nous sommes le peuple et, en tant que tels, souverains de notre propre destin. Nous appelons donc à remplacer en 2017 l’élection présidentielle par l’élection d’une assemblée constituante.

Non à la présidentielle, oui à la Constituante !
Retour ligne manuel
Remy Barbier (Maine et Loire) ; André Bellon (Paris) ; Christian Berthier (Paris) ; Michel Blay (Paris) ; Didier Brisebourg (Var) ; René Burle (Cantal) ; Françoise Castex (Gironde) ; René Chaboy (Tarn et Garonne) ; Bernard Conte (Gironde) ; Daniel Cordiez (Nord) ; Jean-Pierre Crémoux (Haute-Garonne) ; Antonin Delaever (Paris) ; Michel Ezran (Paris) ; Michèle Frayze (Cher) ; Jean-Michel Freguin (Hérault) ; Florence Gauthier (Paris) ; Pascal Geiger (Paris) ; Loïck Gourdon (Loire Atlantique) ; John Groleau (Creuse) ; Bernard Guibert (Calvados) ; Antoine Guilleux (Ardennes) ; Charles Guittard (Paris) ; Stephane Guyot (Val de Marne) ; Raoul Marc Jennar (Pyrénées Orientales) ; Elisabeth Kergoat (Drome) ; Jeannine Lacroix (Hérault) ; Jacques Lafouge (Gironde) ; Michel Laloux (Vaucluse) ; Michel Lambalieu (Vaucluse) ; Gilbert Legay (Oise) ; Guy Léger (Cher) ; Francis Lenne (Gironde) ; Alain Lepage (Seine Saint Denis) ; Gérard Machline (Meuse) ; Marc Mangenot (Paris) ; Georges Martel (Corrèze) ; Jean-Claude Martin (Haute-Garonne) ; Serge Marquis (Paris) ; Maurel (Bouches du Rhône) ; Loïc Monod (Paris) ; Albert-Jean Morrazani (Bouches du Rhône) ; Jérome Pannetier (Bouches du Rhône) ; Pierrette Pasquini (Gard) ; François Paumier (Ariège) ; Louis Peretz (Alpes de Haute Provence) ; Jack Proult (Maine et Loire) ; Sylvie Rabatel (Drome) ; José Ruiz (Vaucluse) ; Vincent Sizaire (Paris) ; Jean Souyris (Hérault) ; Marie-Elisabeth Thomas (Aude) ; Samuel Tomei (Paris) ; Béatrice Turpin (Seine Saint Denis) ; Juan Ramon Vera (Haute Garonne) ; Frédéric Viale (Paris)

mardi 5 janvier 2016

Le syndrome de Forcalquier

LE SYNDROME DE FORCALQUIER

La corde qui relie le peuple à sa représentation s'effiloche de plus en plus...

Les dernières élections ont accentué un malaise à plusieurs étages.

Le principe électoral d'abord qui ne fait jamais état de tous ces français qui rejettent en bloc un système dépassé et qui ne s'inscrivent pas sur les listes électorales ou ne se ré-inscrivent plus lorsqu'ils doivent le faire. Pas plus d'ailleurs qu'il n'est fait mention de tous ceux qui, civiques jusqu'au bout et rejetant une offre qui ne leur correspond plus, glissent dans l'enveloppe un bulletin blanc ou nul.

Un français sur deux, parmi les inscrits, qui se rend aux urnes ne semple plus poser de problème à la représentation élue. Il suffit de voir comment elle s'enthousiasme lorsqu'il y a un petit sursaut , comme lors du deuxième tour des régionales, alors qu'on pourrait se demander quelle proportion de ces voix supplémentaires est allée vers les suffrages non exprimés.

L'inversion des principes démocratiques aussi pose question. Alors qu'à l'évidence les élus ont à rendre compte au corps électoral de leurs engagements et de leur action, nous assistons de plus en plus à des jugements par le haut de notre attitude. Soit nous ne votons pas assez, soit nous ne votons pas assez bien! Il n'est pas loin le temps où, sentant le décrochage de plus en plus fort, et ne se remettant jamais en cause, la représentation nationale nous imposera le vote obligatoire...
La culpabilisation du citoyen atteint des records...

L'expression médiatique atteint des sommets dans l'aliénation le soir des résultats et le tour de force est que les questions essentielles ne sont jamais abordées. On pourrait aussi s'interroger sur le peu de temps consacré aux résultats de deux régions qui ont exprimé un vote à contre-sens et qui mériteraient qu'on s'y attarde: la Corse et sa sensibilité autonomiste, ainsi que la Martinique et son affichage indépendantiste. En d'autre temps, cela aurait fait la une...

Les partis politiques sont eux aussi dans l'impasse. 
Sans les accabler, l'on se rend compte qu'ils suscitent au mieux un vote timide...

Le PC devient une caricature du caméléon. Rouge au premier tour et rose pâle au second pour glaner quelques sièges par-ci, par-là, mettant sans sa pocha toutes les critiques faites quelques heures avant.

Que dire des écologistes dont l'expression cacophonique et les revirements en ont déboussolé plus d'un? Ce parti n'a plus aucun cap politique et navigue au jour le jour...

Constat d'échec aussi pour le PG, que ce soit dans un front de gauche explosé de l'intérieur ou dans la difficulté de trouver un second souffle.

Quand à la droite républicaine, elle se caractérise par un discours de plus en plus proche des idées du FN pour certains, même si quelques leaders s'en écartent, mais surtout par une acceptation du système ultra-libéral dont elle est le valet et qui la rend incapable depuis 30 ans d'apporter la moindre réponse cohérente.
Cela ne l'empêche pas, d'élections en élections, lorsqu'elle est dans l'opposition de prétendre le contraire.

Le PS battant lui des records dans l'hypocrisie. Arrivé au pouvoir en 2012, malgré ses échecs précédents lors de l'épisode Jospin et surfant sur la vague des mécontents du sarkozysme, il a encore berné ses électeurs.
Son opposition à la finance et aux logiques financières, sa volonté de combattre les diktats européens et la chancelière européenne n'ont tenu que quelques jours. Depuis, fonctionnant en affidé de ceux-là mêmes qu'ils prétendait combattre, il n'a même pas eu le cran de se porter en soutien du gouvernement grec lorsque celui-ci en cherchait.
Pas plus que la droite, le PS n'a de solutions, hormis celle de reconduire ses cadres au pouvoir quand c'est possible.
Ce système électoral lui convient bien puisqu'il ne cesse d'en partager le contrôle avec les "républicains", le deuxième tour aboutissant inexorablement à la victoire de l'un ou de l'autre.

Un seuil a été franchi le soir du premier tour des élections régionales. La stratégie du pouvoir en place consistant à éviter à tout prix l'arrivée du FN au pouvoir a abouti à tout et n'importe quoi.
Le sommet de cette mascarade s'est passé à Forcalquier lorsque le maire de la ville, tête de liste PS en Provence-Alpes-Côte d'Azur, a donné son sentiment quelques minutes après 20h sur son opposant de droite, dénonçant l’ambiguïté d'Estrosi, le maire de Nice, enclin aux alliances avec le FN depuis longtemps et dont l'esprit républicain n'est pas la première vertu.
Toute cette belle tirade pour se rétracter quelques temps plus tard, suite à l'injonction de l'autorité de son parti et appeler à voter pour celui-là même qu'il avait jeté aux orties.
Comment peut-on se dérober de cette manière, se saborder aussi? Comme si l'on espérait un retour quelconque des électeurs frontistes dont on a vu à Paris qu'il n'était pas évident avec la défaite de Bartolone.
Arriver à nous proposer Estrosi comme un modèle démocratique et républicain de la part du PS est d'un niveau jamais atteint!

Reste le FN dont le succès serait acquis si était dans un système "à l'anglaise" avec la proportionnalité intégrée immédiatement au premier tour.
Ce parti monte en puissance. Avec parfois plus de 40% des suffrages exprimés, li est arrivé largement en tête au premier tour.
Au nom de quel principe républicain leur a t-on volé cette victoire?
Cette manipulation est une honte!
Pendant combien de temps va t-on nier l'évidence et rejeter le vote de tant de millions de français?
Est-on capable d'entendre ce qu'ils nous disent, même si l'on peut craindre que la réponse du FN n'est pas la bonne?
S'il y a à combattre le FN, c'est sur le plan des idées et des actes, ce n'est pas en le privant en permanence d'une représentation qui devient de plus en plus nécessaire au regard de nos valeurs démocratiques.
Surtout que le résultat de cette manipulation maintient en place un système à deux partis dont on connaît les limites, pour ne pas dire l'incompétence.
Ne nous y trompons pas, quel que soit l'accent sincère de l'un ou l'autre (voir les accents larmoyants de Bertrand dans le Nord) le système se perpétue et aucune remise en question n'est à espérer.
Le FN arrivera un jour à gouverner des régions, ou même le pays. Quel sera son rapport au principe de réalité? La finance mondiale, le contexte européen?
A l'aune de cette épreuve, la baudruche risque de se dégonfler.
En attendant, rien ne nous autorise à priver cette formation de son droit légitime à gouverner, ou alors il faudrait que celle-ci soit déclarée hors-la-loi, ce qui n'est pas le cas.

Alors que nous vivons un chaos climatique aux conséquences désastreuses, "l'accord sans accords" de la COP21, certes une première, est loin d'être une réponse telle qu'on l'aurait voulu.
La réponse du gouvernement à la menace des attentats s'est traduite par un rallongement de l'état d'urgence et la mise à l'index de plusieurs militants privés de leurs droits fondamentaux.
La crise démocratique dont nous ne venons de parler s'inscrit donc dans un contexte tendu.

La question qui doit être abordée aujourd'hui est celle de la pertinence de rester dans le modèle qui nous est proposé.
Dans celui-ci, les élections telles qu'elles fonctionnent aujourd'hui sont le problème et non la solution.

Les citoyens s'organisent et proposent des contre-modèles. Encore faudra t-il apporter une réponse en termes de rapport de force avec la dynamique des réseaux.
Le processus emmenant à une Constituante éveillera les consciences et redonnera sens à la souveraineté populaire.
Restera aussi l'affrontement aux puissances financières qui risque de ne pas se faire en douceur, même si certains pays ont montré la voie.

Les enjeux nous dépassent, mais tout nous appartient...


René Burle, Président AVEC, fin décembre 2015

vendredi 20 novembre 2015

Rapport moral AG AVEC nov. 2015


RAPPORT MORAL AVEC 21 oct. 2015/ AG du 5 nov. 2015


L'année écoulée mérite qu'on prenne un peu le temps du recul.

En effet, nous avons fait preuve d'une certaine densité associative. Les ateliers, plénières et cafés citoyens ont été relativement nombreux. Nous nous sommes retrouvés avec d'autres pour des projets communs. Ce qui est une avancée.
Nous avons participé à des manifestations publiques.
Nos textes et nos analyses sont souvent considérés comme pertinents.
Installés, de façon modeste certes, dans le paysage aurillacois, notre association est maintenant connue.
Notre volonté de ne pas rester isolés, de croiser les autres forces nous a emmené récemment à rejoindre la semaine de la solidarité internationale.

Reste cependant que nous vivons une période compliquée qui se caractérise par une absence de perspectives, une faiblesse chronique du militantisme et une incapacité à retrouver de l'enthousiasme pour des réponses politiques.

Le mal est profond et nous impacte tous, aussi bien dans nos parcours individuels que dans nos aventures collectives.

Analysons d'abord les enjeux.

 Ce territoire fourmille d'acteurs et d'initiatives intéressantes. Beaucoup, ayant perdu espoir en une réponse politique et collective, considèrent que la meilleure démarche est avant tout de se démarquer du consumérisme et essayent de vivre autrement, mieux, dans un autre rapport aux choses et aux objets.
Cette attitude porte en germe beaucoup d'espoir à condition d'y associer un coefficient politique de transformation des forces en présence.
Le système que nous dénonçons se caractérise par deux principaux ressorts: le premier, assez insupportable, est sa capacité à tout récupérer, y compris les plus belles idées et les plus beaux projets. Le second est d'avoir progressivement étouffé toutes les alternances et de nous réduire à se défendre et rechercher des réponses adaptées ponctuellement.
La lucidité nous conduit à réfléchir au terrible constat d'aujourd'hui: que pèsent nos actions diverses au regard des déferlantes ultra-libérales qui font profit de tout, déséquilibrent l'éco-système et asservissent les hommes?

Dans ce tableau assez noir, soyons attentifs aussi à ce que nous disent les autres, les plus jeunes en particulier, souvent absents de nos rencontres.
La plupart considèrent que nos modes d'actions n'ont aucune efficacité, ne correspondent plus. Cela questionne.
La mobilisation, pour cette jeunesse, s'articule autour de projets concrets, comme le café associatif en germe à Aurillac.
A l'inverse, nos analyses, nos réflexions sur un monde de plus en plus sombre, leur parait sans grand intérêt, d'autant que la toile permet aussi de retrouver les mêmes analyses.

Le schéma électoral n'offre plus beaucoup de perspectives non plus.
La crise grecque en est l'exemple le plus caricatural.
Après l'espoir soulevé par les votes successifs du peuple grec, portant au pouvoir par trois fois un parti rafraichissant, en opposition au système ultra-libéral, c'est la douche froide et l'imposition par les forces de l'argent d'un plan accablant les couches populaires.
Un seuil est franchi depuis les déclarations des responsables européens qui n'ont pas mâché leurs mots: aucun verdict populaire n'entravera les décisions prises à Bruxelles.
Nous en avions eu les prémices suite au vote français de 2005 dont l'Europe n'a pas tenu compte.
C'est la première fois depuis longtemps que, de façon aussi nette, on nous met le contrat ainsi sous les yeux: la règle est ainsi, on ne la changera pas.
Ce qui nous interpelle dans ce que nous faisons chacun d'entre nous.
A quoi bon du coup s'évertuer à espérer changer les choses dans un contexte électoral qui, de toutes façons, ne sera pris en compte que si les votes correspondent à la logique du système?
Cette Europe-là est un piège et on ne la changera pas de l'intérieur.

Restent que, en Amérique latine en particulier, de Cuba à l'Uruguay, du Chiapas à la Bolivie, de belles choses se font: des expériences, des pratiques gouvernementales redonnent espoir en quelque chose de possible.

Mais on est loin d'Aurillac!

Petite association parmi d'autres, que pouvons-nous espérer?
D'abord, faire ce que nous savons faire: instaurer le débat, accepter nos différences, provoquer sans cesse l'analyse critique qui nous conduit à penser que nous n'avons qu'une seule perspective: l'affrontement du système et non son amélioration.
Là est la ligne de démarcation.
Inviter ici des gens qui méritent l'écoute:
Bellon pour une Constituante, Balbastre, l'auteur des "Nouveaux chiens de garde" qui sont déjà programmés.
En 2016, l'on pense à des sujets comme la violence des riches, les paysans, la Palestine, etc...
Démarquons-nous en effet des débats qui ne remettent rien en question et qui confortent le système.
Emmagasinons en nous des éclairages pour mieux comprendre ce qui est en jeu et être prêts à des réponses adaptées.
Nos cafés citoyens, quelles que soient leurs limites, sont un lieu d'échanges où nous nous réapproprions les choses, et c'est important!
Des chantiers citoyens plus larges où nous cultiverons la pédagogie du débat sont aussi à imaginer.
Notre peu de force ne doit pas nous inciter à nous flageller. Cela s'inscrit dans un malaise général et une crise du militantisme qui nous concerne, mais nous dépasse .Nous subissons cela comme d'autres, qu'ils soient appareils politiques, syndicats, etc...
Comme nous n'offrons ni postes de pouvoir, ni mandats rémunérés, ni pistes pour un travail, nous ne sommes pas les plus attractifs!
Les méandres raffinés de la crise politique nous incitent à connaître et à comprendre.
Peut-être que notre fonction citoyenne est d'abord là.
Le processus par lequel les lignes bougeront est difficile à anticiper.
Y préparer les citoyens que nous sommes et ceux qui nous rejoindront est en soi un acte politique dont nous pouvons faire notre moteur.


Le président, René BURLE

5nov. 2015

vendredi 4 septembre 2015


Le mouvement citoyen AVEC sera présent place Saint-Géraud, ce dimanche 6 sept. de 9 à 18h à la foire EcoBio (dans le gymnase)

et


...se mêlera aux autres assoc. de la ville d'Aurillac, samedi 12 sept, tout au long de la journée quartier des Carmes, sous un pavillon commun avec Rouge Cerise.

mardi 12 mai 2015

ESSAI pour COMPRENDRE


Loin du fracas des médias, quand on essaye de lire l'actualité et de saisir les enjeux, on est frappés par la perte de repères et les abysses qui s'ouvrent devant nous.

La longue histoire exclusive des deux partis dominants et tour à tour au pouvoir en France depuis des années est en passe de se terminer. Une troisième force existe et s'est implantée. Ses racines ont poussé sur le terreau de la déception, des promesses non tenues, d'un quotidien difficile et qui n'évolue pas. On peut même dire aujourd'hui que le distinguo traditionnel entre "droite" et "gauche" s'est de plus en plus décalé entre les partis au pouvoir et les autres. Les deux partis traditionnels qui ont les commandes étant de plus en plus assimilés à des courroies de transmission du système financier, quelques soient les discours des uns ou des autres.
Cela va plus loin. La perception d'un certain malaise encourage certains à modifier le nom de leur parti. Comme si le changement de façade allait permettre de changer la maison alors que les fondations s'écroulent.

Le calendrier électoral à répétition ne permet jamais de se poser les bonnes questions d'une démocratie en crise. A la va-vite, avec des manœuvres affligeantes et des calculs électoraux on a fait évoluer un système départemental qui produit une assemblée par binômes dont on sait qu'elle ne changera rien au fond. Entre les deux présidentielles de 2012 et 2017, comme depuis le début des quinquennats, on est passés par les municipales, les sénatoriales, les européennes, les départementales et bientôt les régionales. Très peu d'enthousiasme chez les électeurs. Au mieux la force de l'habitude, le réflexe d'appartenir à tel ou tel camp, mais aucun véritable espoir de changement. La perte de confiance, la désertion des urnes aboutissent non pas à une remise en question d'un système électoral à bout de souffle, à un changement de posture de la classe politique, mais à une culpabilisation des citoyens et à la menace d'un vote obligatoire. Vaille que vaille, l'on voit une représentation politique qui ne se remet en cause sur rien et qui, démocratie bancale ou pas, y va pour l'emporter, alors que le score est souvent ridicule en proportion des électeurs inscrits (ne parlons pas de tous ceux qui ne s'inscrivent plus). Mais l'emporter pourquoi?
L'histoire se répète d'une courbe de chômage qui augmente, de la perte d'acquis sociaux grignotés jour après jour quelques soient les discours qui accompagnent les mesures,  d'une nature asservie et de ressources pillées au détriment de notre équilibre et de notre futur. Plus aucune vision, plus aucun cap.

Seuls les médias dominants, complices et acteurs de cette mascarade, essayent de nous y faire croire encore, en agitant les petites histoires du microcosme. Chacun l'a bien senti aussi. Tout événement est utilisé avec des calculs dissimulés derrière des discours.
L'idéologie sécuritaire a pris appui sur ce qui s'est passé en France en janvier et, y compris, les moyens financiers sont là pour l'appuyer. L'importance accordée au fait religieux dans notre société pose aussi question.
Les trois religions monothéistes deviennent les points cardinaux d'une république vacillante.
Le désarroi s'empare des gens car les réponses n'apparaissent pas.
La configuration politique pose question. Doit-on faire évoluer les partis? Certainement, mais comment? La souveraineté populaire doit s'exercer en plein. Pour cela, il faut changer les règles du jeu et avoir une démocratie revivifiée par une Constituante.
Dans ce champ-là, les partis tels qu'ils sont aujourd'hui accepteront-ils ce bouleversement? Certains pensent que les partis ont vécu leur temps. Mais par quoi les remplacer?

Comment dans un monde interconnecté en permanence échapper aux puissances de l'argent qui manipulent en une seconde des opérations de plusieurs milliards d'euros d'argent virtuel?
Comment redonner puissance et pouvoir aux représentants des peuples afin de dégager un destin collectif autre que la dégringolade?
Le destin de la Grèce est exemplaire. Poussé par son peuple, le gouvernement affronte les logiques ultra-libérales portées par les représentants européens. Jusqu'à quelle extrémité? Pour quels résultats?
Et du coup, quels regards porter sur cette Europe qui dénie la souveraineté du peuple grec?
Le traité transatlantique combattu par des forces militantes ne rencontre aucun écho, ou presque, dans les médias. Et pourtant, son éventuelle application serait une chape de plomb de plus sur nos libertés.
Le désespoir et la misère poussent beaucoup d'africains à essayer de rejoindre nos territoires. Comment jeter les ponts d'une relation Afrique-Europe autre que celle du pillage et d'une aide au développement qui a failli?
L'espérance d'un changement passe par la compréhension des enjeux et la formulation d'un projet politique qui parle vrai et qui ne fait pas semblant. Des états qui reprennent la main, s'appuyant sur une démocratie digne de ce nom et en capacité de faire de vrais choix.

Difficile, mais possible. En Islande, en Amérique latine, certains montrent la voie. Des gouvernements appuyés par des populations osent s'opposer à la machine dominante.
Camus disait que quand il ne reste rien à l'homme, il lui reste le combat...


R. B. début mai 2015

dimanche 19 avril 2015

Les médias, entre information et manipulation

6ème Café citoyen
Les médias, entre information et manipulation
intermédiaires ou créateurs de l'actualité?

 au bar le Canotier,
d'Aurillac, 18 rue du Buis, le mardi 5 mai à 18h30

L'époque actuelle se caractérise par une abondance médiatique. De la toile à la télé en passant par les radios et la presse écrite, les médias accompagnent notre quotidien. Donnent-ils du sens et permettent-ils les repères attendus?
Sont-ils les outils qui permettent une meilleure compréhension d'un monde en perpétuel mouvement? Répondent-ils aux attentes des gens? Ou bien obéissent-ils à d'autres logiques?
Leurs prismes sur les événements, du local à l'international, nous livrent-ils les bonnes clés de compréhension?
Beaucoup de questions à débattre ensemble lors de ce
6 ème café citoyen d' AVEC

avec15@laposte.net

https://www.facebook.com/avec15000

en partenariat avec LE CANOTIER






mercredi 1 avril 2015

Elections: problème ou solution?



Les dernières élections ont donné le spectacle affligeant d'une classe médiatico-politique sourde et muette. Sourde aux attentes des gens, muette en termes de réponses.

Ces élections, plus que d'autres encore, représentaient un simulacre. Les contours et compétences des nouveaux départements ne sont pas encore définis. Pire, ils sont voués à leur disparition. Les différents arguments des candidats sonnaient souvent creux.

Par le fait des binômes, le nombre de conseillers augmentait alors qu'on nous parlait de leur réduction. Le département historique, représentation des cantons, a volé en éclats. Leur délimitation, ne serait-ce que sur Aurillac, laisse songeur.

La future prégnance des métropoles sur les territoires est déjà en toile de fond. Cette élection territoriale a été traitée, une fois de plus, comme un test national. Dans ce contexte, plus d'un français sur deux ne s'est pas déplacé au 2è tour. S'y rajoutent les bulletins blancs et nuls dont les médias ne parlent jamais alors qu'ils sont l'expression ultime du civisme. La rupture est consommée entre des français perdant confiance en tout changement véritable et une représentation politique sans issue autre que leur propre renouvellement.

Si on analyse les raisons de ce désamour rapidement, on peut y voir quelques causes évidentes.

La droite, tenante du système ultra-libéral n'a aucune réponse au désarroi des français les plus démunis, considérant quelque part qu'ils sont responsables de ce qui leur arrive. Cette droite agite de plus en plus les idées du FN, mais situe ce parti comme infréquentable, même si localement des alliances se nouent.

La gauche du PS ayant depuis longtemps abandonné toute volonté de combattre, avec d'autres valeurs, la société du profit à tout va, accompagne le système et avance à tâtons, sans projets, sans enthousiasme.

Les deux grands partis qui structurent gauche et droite se ressemblent étrangement et s'éloignent de plus en plus des citoyens désabusés.

Le FN, au discours plus lissé, séduit de plus en plus les mécontents, les déçus, les découragés. Comme un dernier espoir à tenter pour certains... Le mode de scrutin pour ces départementales renvoie les frontistes dans les cordes avec quelques élus alors que leur représentation est plus que significative. Cela renforcera encore ce parti, de plus en plus considéré comme victime d'une loi électorale injuste.

A gauche du PS, où pourrait se situer l'espoir, force est de constater que les français semblent peu attirés. Il faut qu'on essaye d'en déterminer les raisons. C'est la réalité dont s'empare le PS pour réclamer l'union autour de son leadership, encore et encore, comme toujours...

Les soirées d'élections se suivent et se ressemblent. Une brochette d'hommes et de femmes politiques répartis sur les différents plateaux, des journalistes complices, un traitement méprisant de l'abstention (quand on en parle), et les petites histoires à offrir en pâture sur le microcosme.Comme si le système pouvait se prolonger ainsi dans sa bulle, alors que la souffrance grandit et que l'enthousiasme s'est tu.

Les vainqueurs le sont par défaut, mais en font des tonnes, les battus attendent de meilleurs jours mais annoncent qu'ils ne le sont pas vraiment et l'alternance pointe le nez, d'après les "spécialistes" Mais quelle alternance? Depuis des décennies, on passe d'une droite qui a perdu depuis longtemps toute idée novatrice, s'affichant comme un caniche des USA, à une gauche sans ressorts et surtout sans courage.

La réalité ressentie par les gens est bien que les partis politiques dominants aujourd'hui n'impactent plus leur quotidien et sont incapables de changer quoi que ce soit.
Apparaît alors dans sa vérité cruelle le fait  que les candidats sont avant tout, pour la plupart, centrés sur leur propre parcours.

Combien de temps encore avant que politiques et journalistes affidés acceptent le constat d'une coupure politique, d'une crise de régime imposant un changement radical des règles du jeu, une représentation responsable et révocable devant la souveraineté populaire?

A ce stade, les élections sont le problème et ne sont plus la solution.

A faire comme si la vie démocratique n'était pas en danger, politiques et médias portent une lourde responsabilité. Le jeu des chaises musicales qu'on se renvoie des uns aux autres poussera à bout de plus en plus des citoyens déboussolés. Il faudra une soupape. Autant que ce soit celle d'une démocratie revivifiée, avec présence de la proportionnelle, limitation des mandats, redéfinition de l'ensemble du cadre démocratique.
Et tout cela à travers un processus constituant...

René BURLE, le 31 mars 2015