mercredi 1 avril 2015

Elections: problème ou solution?



Les dernières élections ont donné le spectacle affligeant d'une classe médiatico-politique sourde et muette. Sourde aux attentes des gens, muette en termes de réponses.

Ces élections, plus que d'autres encore, représentaient un simulacre. Les contours et compétences des nouveaux départements ne sont pas encore définis. Pire, ils sont voués à leur disparition. Les différents arguments des candidats sonnaient souvent creux.

Par le fait des binômes, le nombre de conseillers augmentait alors qu'on nous parlait de leur réduction. Le département historique, représentation des cantons, a volé en éclats. Leur délimitation, ne serait-ce que sur Aurillac, laisse songeur.

La future prégnance des métropoles sur les territoires est déjà en toile de fond. Cette élection territoriale a été traitée, une fois de plus, comme un test national. Dans ce contexte, plus d'un français sur deux ne s'est pas déplacé au 2è tour. S'y rajoutent les bulletins blancs et nuls dont les médias ne parlent jamais alors qu'ils sont l'expression ultime du civisme. La rupture est consommée entre des français perdant confiance en tout changement véritable et une représentation politique sans issue autre que leur propre renouvellement.

Si on analyse les raisons de ce désamour rapidement, on peut y voir quelques causes évidentes.

La droite, tenante du système ultra-libéral n'a aucune réponse au désarroi des français les plus démunis, considérant quelque part qu'ils sont responsables de ce qui leur arrive. Cette droite agite de plus en plus les idées du FN, mais situe ce parti comme infréquentable, même si localement des alliances se nouent.

La gauche du PS ayant depuis longtemps abandonné toute volonté de combattre, avec d'autres valeurs, la société du profit à tout va, accompagne le système et avance à tâtons, sans projets, sans enthousiasme.

Les deux grands partis qui structurent gauche et droite se ressemblent étrangement et s'éloignent de plus en plus des citoyens désabusés.

Le FN, au discours plus lissé, séduit de plus en plus les mécontents, les déçus, les découragés. Comme un dernier espoir à tenter pour certains... Le mode de scrutin pour ces départementales renvoie les frontistes dans les cordes avec quelques élus alors que leur représentation est plus que significative. Cela renforcera encore ce parti, de plus en plus considéré comme victime d'une loi électorale injuste.

A gauche du PS, où pourrait se situer l'espoir, force est de constater que les français semblent peu attirés. Il faut qu'on essaye d'en déterminer les raisons. C'est la réalité dont s'empare le PS pour réclamer l'union autour de son leadership, encore et encore, comme toujours...

Les soirées d'élections se suivent et se ressemblent. Une brochette d'hommes et de femmes politiques répartis sur les différents plateaux, des journalistes complices, un traitement méprisant de l'abstention (quand on en parle), et les petites histoires à offrir en pâture sur le microcosme.Comme si le système pouvait se prolonger ainsi dans sa bulle, alors que la souffrance grandit et que l'enthousiasme s'est tu.

Les vainqueurs le sont par défaut, mais en font des tonnes, les battus attendent de meilleurs jours mais annoncent qu'ils ne le sont pas vraiment et l'alternance pointe le nez, d'après les "spécialistes" Mais quelle alternance? Depuis des décennies, on passe d'une droite qui a perdu depuis longtemps toute idée novatrice, s'affichant comme un caniche des USA, à une gauche sans ressorts et surtout sans courage.

La réalité ressentie par les gens est bien que les partis politiques dominants aujourd'hui n'impactent plus leur quotidien et sont incapables de changer quoi que ce soit.
Apparaît alors dans sa vérité cruelle le fait  que les candidats sont avant tout, pour la plupart, centrés sur leur propre parcours.

Combien de temps encore avant que politiques et journalistes affidés acceptent le constat d'une coupure politique, d'une crise de régime imposant un changement radical des règles du jeu, une représentation responsable et révocable devant la souveraineté populaire?

A ce stade, les élections sont le problème et ne sont plus la solution.

A faire comme si la vie démocratique n'était pas en danger, politiques et médias portent une lourde responsabilité. Le jeu des chaises musicales qu'on se renvoie des uns aux autres poussera à bout de plus en plus des citoyens déboussolés. Il faudra une soupape. Autant que ce soit celle d'une démocratie revivifiée, avec présence de la proportionnelle, limitation des mandats, redéfinition de l'ensemble du cadre démocratique.
Et tout cela à travers un processus constituant...

René BURLE, le 31 mars 2015

jeudi 5 mars 2015

Des élections départementales fin mars ! ?


Remarques de René Burle, du Cantal, sur les élections départementales.

Les élections départementales se déroulent au mois de mars.
Elles permettront d'élire les "conseillers départementaux" qui siégeront dans les départements "nouvelle génération". Quelques remarques s'imposent : cette fois-ci, les candidats se présentent par binôme, homme et femme, auxquels il faut rajouter deux suppléants. Si l'on rajoute le mandataire financier, il convient donc d'avoir pour les 15 cantons nouvellement dessinés sur le Cantal, soixante personnes en ordre de bataille pour les formations qui prétendent couvrir le territoire. Cette approche éloigne ou empêche évidemment les candidatures populaires et spontanées. Elle représente un pas de plus dans la professionnalisation de la vie politique et écarte un peu plus les citoyens du débat.
Les contours et les compétences des assemblées départementales à venir ne sont pas encore définis. On touche là au paroxysme de la parodie électorale. Quels vont être les programmes des candidats alors que des zones d'ombre subsistent sur leur rayon d'action ? La démocratie se délite, et cette élection va voir s'élargir le fossé entre des citoyens qui ont perdu confiance, en particulier chez les jeunes, et des partis politiques aux stratégies de plus en plus inaudibles.
La logique d'un parti, c'est de se présenter au rendez-vous démocratique de l'élection. Tous le feront. Mais ne prennent-ils pas le risque, au moins pour ceux qui émettent des critiques sur la situation actuelle, de se discréditer encore plus en ne dénonçant pas une élection en trompe-l'oeil ?
Jamais, autant que cette fois-ci, une élection n'a eu aussi peu de sens, n'aura été aussi confuse et improvisée, et donc aura été aussi inutile. N'y a t-il pas pour chacun d'entre eux et pour chacun d'entre nous, à se poser la question de notre positionnement ? Doit-on continuer de cautionner un système à bout de souffle, faire comme si l'électorat était toujours là alors que les abstentions enlèvent crédit à la représentation politique, avec comme objectif d'avoir des élus vaille que vaille ? Ou bien ne serait-il pas plus porteur de dénoncer la mascarade électorale, de redonner la souveraineté au peuple par un processus de Constituante redéfinissant la totalité des règles du jeu démocratique ?
La réforme territoriale, des futures régions élaborées sans l'avis des populations à ces départements sans consistance, visiblement condamnés à disparaître bientôt, en passant par une intercommunalité en manque de repaires, est un gâchis. Il aurait été beau et bien d'avoir des assises qui, avec le temps et les échanges, partant des communes et allant jusqu'aux grandes villes aurait permis de dégager des idées porteuses de modernité et d'espoir. Pari difficile certes, mais qui aurait au moins essayé de faire en sorte que les populations concernées s'approprient le débat. Aujourd'hui, nous sommes dans la caricature de structures mal définies et imposées, non comprises et auxquelles les gens, de plus en plus revêches à ce qu'il considèrent comme un simulacre de représentation, ne vont pas adhérer. Nous considérons pour notre part que la crise de confiance qui s'est installée en politique ne fait que s'aggraver et que chacun, en conscience, doit se déterminer.
Le rôle d'un mouvement citoyen est, au fil du temps, sans tenir compte des rendez-vous électoraux, de donner les outils d'analyse et de compréhension à chacun pour qu'li décide par lui-même de ses choix. Que ce soit dans nos ateliers, nos plénières, à travers nos cafés citoyens, nous essayons que chacun se ré-approprie le débat. Nous sommes dans la recherche d'alternatives, bien plus clivantes que quelques places glanées ça et là dans des assemblées sans lendemain.
Depuis le refus de prise en compte de la décision du peuple français en 2005, refusant le traité européen, ce qui représente un déni de démocratie rarement atteint, et jusqu'aux épisodes récents d'élections partielles avec des taux d'abstention très élevés, il y a deux écoles : ceux qui prétendent faire évoluer encore un système en perdition et ceux qui préconisent d'autres voies.
Nous nous situons dans le deuxième camp, celui du refus d'un jeu démocratique perverti.

jeudi 26 février 2015

Biblio et liens suite au café citoyen du 26 mars 2015 : DÉMOCRATIE LOCALE

Biblio et liens suite au café citoyen du 26 mars 2015 : DÉMOCRATIE LOCALE

ARTICLES : interview et dossier courrier des Maires 9/02/2009 et 2/10/2014

  1. VIDEOS : Interventions - MARION CARREL -Assises de Grenoble nov. 2014 (4 à 8 mn)

http://www.dailymotion.com/video/x26rd6p_les-conditions-de-reussite-de-la-democratie-participative-marion-carrel_tv
http://www.dailymotion.com/video/x26qs6u_les-effets-benefiques-de-la-participation-marion-carrel_tv
http://www.dailymotion.com/video/x26rd53_les-limites-de-la-participation-marion-carrel_tv

LIVRES
Le Parlement des invisibles/ Pierre Rosanvallon / Raconter la vie/ ed. Seuil/ 6 euros
Faire participer les habitants? Citoyenneté et pouvoir d'agir dans les quartiers populaires/ Marion Carrel ENS Editions : 20€ / mai 2013-réimprimé oct.2013 Veut-on vraiment que les habitants des quartiers populaires participent ? … Au delà de la dérive de l'injonction participative...l'apathie des habitants n'est qu'apparente...
Villes citées: Grenoble, Paris, Grigny, Brive Chendu (Chine), Porto-Alegre






jeudi 29 janvier 2015

DEREGLEMENTS CLIMATIQUES au programme de la réunion plénière d'AVEC à la Maison des Asssoc. Aurillac

AVEC, se réunit mardi soir 3 février (Entrée libre) ... A partir de 18h30, le THEME du mois, suivi d’échanges jusqu'à 20h (présenté par J-P Lemarchand):

DEREGLEMENTS CLIMATIQUES à toutes les échelles. Du Cantal à la Planète. Diagnostics, impacts et atténuations : des incertitudes certes, mais un compte à rebours inexorable !?




lundi 5 janvier 2015

Cuba si!


ATELIER HISTOIRE : Cuba
 
 

 


L'atelier Histoire d'AVEC se réunira le mardi 13 janvier, 18h, à la maison des associations, place de la paix, salle no2...AURILLAC
Il sera consacré à CUBA, sa réalité au-delà des clichés, son histoire à part et son actualité qui, tout à coup, rebondit.
Notre connaissance personnelle de ce pays permettra de visualiser quelques photos et en fin d'atelier, de goûter quelques rhums accompagnés de cannelés.

RB




lundi 15 décembre 2014

Futures élections de mars, sans projet...sans électeurs !?

FUTUR  

Nous allons vers des élections départementales au mois de mars.
Elles permettront d'élire les conseillers "nouvelle génération" qui siégeront dans les départements refondus dans la réforme territoriale. Se présentant en binôme, un homme, une femme, ils auront pour enceinte une assemblée aux compétences et aux contours encore mal définis à l'heure où ces lignes sont écrites. C'est bien là le paradoxe.
Quel va être le projet? Quel programme afficher quand on ne sait pas exactement les outils dont on dispose? On touche là au point ultime de la faillite démocratique.Quelques partis politiques, de plus en plus isolés des électeurs, préparent dans leurs états-majors une stratégie qui ne résonne plus pour personne. Quelques individus, le regard tourné vers le poste à pouvoir, mettent toute leur énergie à être désignés et, convaincus d'être la représentation démocratique, s'apprêtent à en découdre dans une joute qui n'intéresse plus grand nombre. Les scores récents d'une élection partielle, confirmant une tendance forte depuis de nombreuses années à la désertion des urnes, nous encourage à la réflexion.

Comment peut-on continuer ainsi?
Un corpus politique inaudible, une absence de valeurs et de repères qui en déboussole plus d'un, une abstention record, une image dévastée de la fonction élective, aucune remise en question, la culpabilisation des électeurs toujours jugés comme fautifs, et la liste pourrait être longue... Le profond sentiment qu'il n'y a plus d'espérance, plus d'enthousiasme à partager habite le plus grand nombre. Englués dans un quotidien de plus en plus difficile, les gens ne font plus beaucoup d'effort pour aller voter, convaincus qu'ils n'ont plus de prise sur les événements, quel que soit leur penchant. L'acceptation d'une société du profit et ses logiques ultra-libérales a emporté dans sa bourrasque dévastatrice les principaux partis.
Quelques-uns résistent et connaissent des fortunes diverses. Seul le FN attire un électorat de plus en plus désabusé et curieux de donner ses voix à un parti diabolisé et qui, du coup, est à défendre. Mais tous ceux qui veulent faire entendre une voix différente n'ont que très peu d'écho, comme c'est le cas au PG. Des initiatives existent, plutôt intéressantes, comme celle de "Nouvelle donne", mais pour des résultats insignifiants en nombre d'électeurs. Et si justement, l'erreur était là: vouloir à tout prix continuer d'essayer de prendre sa place dans un système électoral tronqué et manipulé. 

Ne vaudrait-il pas mieux utiliser sa force et ses réseaux à la remise en cause d'un système à bout de souffle, où le mot démocratique n'est plus qu'un habillage.  Ne serait-il pas plus porteur de constituer des mouvements citoyens interpellant, posant les vraies questions, se rajoutant aux associations qui sont déjà actives concernant les projets discutables  ou les territoires à défendre?
Avec, comme marqueur politique, la dénonciation de la mascarade dans laquelle nous sommes tombés et l'appel à une refonte citoyenne de la République, marquée par une Constituante redéfinissant la totalité des règles du jeu démocratique: mandats, démocratie partagée, statut de l'élu...

Des futures régions élaborées sans l'avis des populations aux appels à la croissance, donc à toujours plus de consommation, notre champ politique est dans l'impasse.
Chacun peut juger de l'importance de ses actes. En ce moment, un front du refus s'avère nécessaire pour peser sur un futur de plus en plus inquiétant. C'est là que doit se situer notre curseur en apportant à chacun les clés de lecture nécessaires pour comprendre ce théâtre d'ombres qui impacte notre vie quotidienne.
René Burle, président d'AVEC15, mouvement citoyen

12 décembre 2014
avec15@laposte.net


lundi 17 novembre 2014

Les nouveaux Conseils de Quartier (CdQ) à Aurillac

Les nouveaux Conseils de Quartier (CdQ) à Aurillac
un changement homéopathique à grand renfort de « comm... ».

Lors de la campagne des municipales, des propositions en matière de démocratie participative et de rénovation des CDQ ont été faites, en particulier par AVEC, voire des engagements ont été demandés aux futurs élus. Certes la liste plébiscitée au 1er tour, l'avait intégrée dans son programme sans précision aucune.

Bien sûr, c'est un sujet marginal et si peu mobilisateur pour des électeurs de moins en moins nombreux. D'autant qu'il n'est pas obligatoire pour la collectivité. Pourtant, ces dernières années, des élus, agents animateurs de la démocratie locale et habitants (à peine plus nombreux) se sont investis, voire usés dans les 6 CdQ de la ville, en créant effectivement quelques liens sociaux et de modestes, mais réels aménagements dans la ville.

Octobre 2014, une nouvelle Charte «révolutionnaire» est née (3 pages dans Aurillac Infos!), à grand renfort de «comm», censée impliquer un plus grand nombre d'aurillacois qui feraient même remonter des propositions aux édiles . Tout va changer. Hum! Il faut regarder à la loupe les maigres modifications: Une co-présidence citoyenne et une permanence mensuelle de l'élu référent du quartier (l'autre co-président)...et blabla, du copier-coller de l'ancienne.

Cette charte auto-proclamée se donne une apparence d'ouverture et de transparence. Qu'en est-il réellement? Le public participant, reste mince et peu représentatif en nombre ou diversité d'âges et de milieux sociaux. Chaque CDQ pourrait créer des groupes de travail thématiques, qui relèvent souvent des compétences (toujours plus nombreuses) de l'agglo: gestion des déchets, des transports...
Comment les pauvres «pèlerins» qui se comptent au mieux sur les doigts d'une ou deux mains , vont-ils influer dans un quartier donné sur la politique des «grands sages» de la CABA. Question d'échelle! Aucune transversalité citoyenne n'est prévue, entre les différents quartiers. Tels que des comités d'usagers. Des rendez-vous intermédiaires de mandat avec les électeurs, ne sont pas même proposés.

Elus qui savez, seriez-vous si peu ambitieux ou courageux ? Vous êtes rassurés d'avoir donné un «os à ronger» à une petite centaine de vos électeurs, tandis que tous les autres habitants continuent de perdre confiance envers vos grands et petits partis qui vous ont assis sur votre siège municipal.

Certes, rares sont les collectivités et villes qui osent une vraie démarche de démocratie partagée. Vous direz aussi que ce tableau dressé est grisé et caricatural. Nous souhaitons que nos craintes soient en partie infondées et qu'enfin survivent encore ces petits noyaux d'échanges et de projets que sont les CDQ. Mais que de bruit et d'énergies gaspillées pour si peu.